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Katrin Ströbel | COLONIZE MY MIND

Dans ses installations, ses dessins et ses photographies, Katrin Ströbel capture des moments qui nous confrontent à ceux qui sont involontairement en voyage. Elle s'attarde aux codes culturels qui reflètent l'histoire postcoloniale mais également le racisme actuel.

Carton d'invitation

Plakat Katrin Ströbel

Un fin sac plastique bleu, dans le vent. Une valise cachée dans les arbres. Des cartons habités, comme des nids coincés entre des murs. Ce sont les moments que Katrin Ströbel (*1975 à Pforzheim) capture dans ses dessins et photographies. Des moments qui nous confrontent à ceux qui sont involontairement en voyage, voire même en fuite, ou peut-être seulement en chemin vers des lieux où l'on promet une vie meilleure, plus agréable. Dans ses vidéos les gens ont un visage, une voix. Ils racontent leurs histoires personnelles, ces histoires qui sont inconnues de la presse qui s'attarde au flux des réfugiés. Des histoires qui se passent dans le monde entier et se déroulent chaque jour sous nos yeux si, à l´instar de Katrin Ströbel, on daigne y prêter attention. Dans les installations complexes de Katrin Ströbel, au travers desquelles elle remet en question les codes culturels, les langages visuels et les systèmes symboliques, il n'y a ni dénonciation ni folklore. Ses travaux sur les murs et en salles existent à travers un cosmos d´images qui reflète aussi bien l'histoire postcoloniale que le racisme et le sexisme actuels. Par ailleurs, il s'agit pour elle de questionner non seulement son propre statut en tant qu'artiste, mais aussi les conditions de la pratique artistique dans différentes cultures.

Ses divers longs séjours en Afrique, en Amérique et en Australie, de même que sa vie entre l'Allemagne (Stuttgart), la France (Nice) et le Maroc (Rabat) constituent les fondements de son travail. Elle est une migrante temporaire qui analyse en tant qu'artiste des mouvements dans des contextes culturels différents, afin de saisir son propre langage visuel.
Après des études d'arts appliqués et de littérature allemande à Stuttgart, elle a obtenu un doctorat en art et sciences de l'art à l'université de Marburg. Depuis 2013, elle enseigne le dessin à la Villa Arson, École nationale supérieure d'art de Nice. En parallèle de son exposition à Sarrebruck, ses travaux sont montrés dans une exposition collective au FRAC de Metz, ainsi que dans différents lieux de la région frontalière (Saint Louis, Dudelange).