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Starke Stücke - Feminismes und Géographies

L´exposition présente les œuvres de femmes artistes de la collection du 49 Nord 6 Est – FRAC Lorrain à Metz. 23 femmes artistes de la collection ont été sélectionnées afin de présenter des classiques de la performance contemporaine, ainsi que des installations, des photographies et des collages d'artistes et de collectifs actifs au niveau international qui reflètent les tendances actuelles de l'art féministe.

Natalia LL, Consumer Art, 1972, Fotografien, 100 x 100 cm, Foto: Rémi Villaggi © Natalia LL, Collection 49 Nord 6 Est Frac Lorraine Metz (FR)

Natalia LL, Consumer Art, 1972, Fotografien, 100 x 100 cm, Foto: Rémi Villaggi © Natalia LL, Collection 49 Nord 6 Est Frac Lorraine Metz (FR)

Vernissage vendredi 7 juin 2019 à 19h
07.06.2019 – 08.09.2019

Le projet d'exposition transfrontalier « Starke Stücke » (« Œuvres Fortes - Féminismes et géographies ») s'articule autour de la différence, ou plus précisément, de la diversité sexuelle, culturelle et physique. Il prend pour point de départ la collection remarquable du 49 Nord 6 Est - Frac Lorraine à Metz, l'une des plus importantes institutions d'art contemporain de la Grande Région. Présentant une sélection d’artistes femmes, de diverses origines géographiques et culturelles, l'exposition se concentre avant tout sur les tendances actuelles de l'art féministe et sur les conditions sociopolitiques, historiques et intimes de création des œuvres. 

L'exposition provoque des rencontres à la fois ironiques, esthétiques et énigmatiques (Natalia LL, PL *1937), mais aussi des confrontations parfois dures, voire poignantes avec la réalité de femmes vivant dans différentes zones géographiques. En Europe et aux Etats-Unis, les limites et les souffrances inscrites dans le corps de la femme ont été au cœur du travail artistique de la première avant-garde féministe, présente dans cette exposition au travers d’artistes comme Marina Abramović (YU *1946)Esther Ferrer (ES *1937)Cecilia Vicuña (CL *1948) et Annette Messager (FR *1943).

Les vidéos, photographies et performances des générations suivantes parlent de l'autodétermination physique et artistique (Patty Chang, USA *1972)Clarisse Hahn (CH *1973), de la confrontation politique (Guerrilla Girls, USA) et proposent de nouvelles formes d'expression artistique. Plusieurs œuvres critiquent les cadres culturels qui réduisent les femmes à des supports de projection des désirs masculins (Ingrid Wildi Merino, CL *1963), voire à des marchandises (Ursula Biemann, CH *1955). Les créations des artistes extra-européennes, Sigalit Landau (IL *1969)Teresa Margolles (MX *1963) et Ana Gallardo (AR *1958), révèlent avec consternation et ironie l’urgence des dangers quotidiens liés à la prostitution, aux abus institutionnels ou à la violence politique. Elles affichent ces positions de manière à la fois implacable et critique, tandis que Raeda Saadeh (PS *1977)Cristina Lucas (ES *1973) et Tracey Moffatt (AUS *1960) se livrent à une analyse pleine d'humour de la domination patriarcale afin d’affirmer, avec confiance et puissance, leur position artistique personnelle. Madeleine Berkhemer (NL *1973) répond au regard masculin en exagérant le cliché du corps féminin sexualisé — et transforme des bas rouges en une installation suspendue. Le couple berlinois Pauline Boudry (CH *1972) et Renate Lorenz (DE *1963) bouleverse les rapports de genre, les met en scène et les présente comme des faits contingents.

Enfin, le regard anticolonial est particulièrement au centre de cette exposition, avec les collages dadaïstes de Marcia Kure (NI *1970) ou l’œuvre vidéo de Tracey Rose (ZAF *1974) Black Paintings : Dead White Man, dans laquelle le pouvoir des hommes blancs apparaît en dissonance face à la présence physique de la femme noire. Finalement, le rapport intime au monde de l'artiste nigériane Otobong Nkanga (NG *1974), construit en dehors de la pensée occidentale, devient sensible dans une installation d’ampleur dans l’espace de la Stadtgalerie.